15 octobre 2004

Nine Princes in Amber — 2. The Guns of Avalon

roman de Roger Zelazny ("Les fusils d'Avalon", 1972)

Poursuite de la saga d'Ambre. Le résumé :

“ Dépossédé de son trône par Eric, son frère ennemi, le prince Corwin entend reconquérir le royaume d'Ambre, le seul monde réel à partir duquel s'engendrent tous les autres. Détenteur du fabuleux pouvoir de se déplacer à volonté d'ombre en ombre, il parcourt chaque reflet d'Ambre pour trouver le moyen de mettre fin au règne illégitime d'Eric. Mais il va se heurter à un ennemi imprévu d'une puissance inconcevable, un être capable de se déplacer dans toutes les dimensions. Enrichissant l'univers d'Ambre de nouveaux personnages, de nouveaux concepts, Roger Zelazny déploie, dans ce second tome des aventures de Corwin, tout l'éventail somptueux d'un monde imaginaire aux innombrables facettes. ”

10 octobre 2004

Eternal Sunshine of the Spotless Mind

film de Michel Gondry (2004)

On retrouve Charlie Kaufman, le scénariste le plus déjanté d'Hollywood, et Michel Gondry, clippeur de Björk, Daft Punk et autres, aux manettes. Du coup on pouvait craindre un petit film branchouille de plus (un peu trop show-off à la Adaptation., ou alors carrément génial comme Dans la peau de John Malkovich), et le résultat est entre les deux : un super concept, quelques bonnes trouvailles de cinéma (le jeu sur les tailles, la visualisation des souvenirs et des espaces mentaux du héros), des acteurs convaincants (Kate Winslet assez drôle, et Jim Carey qui m'a fait penser au Nate de Six Feet Under), et une mention spéciale pour Elijah Wood qui réussit à faire oublier son personnage de Frodo-le-gentil-Hobbit ;-) Bon film !

08 octobre 2004

Nine Princes in Amber

roman de Roger Zelazny ("Les neuf princes d'Ambre", 1970)

Toujours dans ma vague nostalgique (je relis les romans qui m'ont marqué ces quinze dernières années ;-) ), cette fois c'est du côté de la SF et de la Fantasy que mon cœur penche. La saga des Princes d'Ambre est sûrement un des ouvrages de Fantasy que je préfère. Bon ce n'est pas que de la Fantasy, c'est aussi un roman d'intrigues familiales, un thriller contemporain, une source inépuisable de mondes, et surtout un écrivain au sommet de son talent qui réussit à me captiver depuis la première ligne jusqu'à la fin de l'histoire. De Roger Zelazny j'avais à peu près tout lu à l'époque, et j'avais aussi adoré Eye of Cat, inspiré de la mythologie indienne. Cette fois ce sont quelques mythes celtiques qui sont vaguement à l'origine de la saga d'Ambre. Voici la quatrième de couverture du premier volume, histoire d'éviter un maximum de spoilers :-)

“ Un amnésique s'échappe d'un hôpital psychiatrique après avoir découvert le nom de la personne qui l'a fait interner : Flora, sa propre sœur. Celle-ci lui révèle qu'il se nomme Corwin, et qu'il est l'un des neuf frères qui se disputent le pouvoir au royaume d'Ambre, le seul monde réel dont tous les autres sont des reflets, des ombres. Elle lui révèle également que les princes d'Ambre ont la faculté de parcourir ces univers parallèles par la puissance de leur seule volonté. Recouvrant peu à peu la mémoire, Corwin entame un périlleux voyage en direction d'Ambre, glissant d'ombre en ombre dans le but de disputer au prestigieux Eric, le plus brillant des princes, le trône du royaume. ”

J'envie ceux qui vont découvrir Ambre, la Marelle, Corwin, les Atouts, et les Cours du Chaos pour la première fois !

07 octobre 2004

Comme une image

film de Agnès Jaoui (2004)

Comédie de mœurs pas-très-drôle, voire même carrément triste. Comme d'hab avec les Bacri-Jaoui, les portraits sont impeccables et les travers de notre société sont bien mis en lumière. Le hic c'est que contrairement au Goût des autres, ici personne ou presque ne trouve de salut, et le tableau vire au sombre. Je regrette aussi que le film tente d'aborder trop de problèmes à la fois. Je me serais bien contenté "simplement" du conflit interne provoqué par l'inévitable changement d'attitude qui s'opère en nous face à des personnes de pouvoir et à leur entourage...! Mais bon, c'est super bien vu et super bien joué, alors bravo encore une fois.

04 octobre 2004

Bel/Lander/Robbins

ballet à l'Opéra Garnier. Bon, tout d'abord, il y a l'émerveillement lié à la découverte de l'intérieur de l'Opéra Garnier, tout en dorures rococo et en pourpre. Forcément, ça coupe le souffle. Après, trois ballets par trois chorégraphes bien différents. Le premier est Études de Harold Lander, qui a été créé en 1952. C'est très classique, avec tutu et tout. Bon, j'aime bien, mais sans plus. Je suis assez fasciné par la souplesse des corps et la pure force physique des danseurs (les sauts, les portés, les entrechats...). S'ensuit un "anti-ballet" (pour une meilleure description lisez Télérama qui en parle bien mieux que moi ;-) ) par Jérôme Bel, où une danseuse, seule sur scène et à la veille de sa retraite, raconte ses meilleurs souvenirs de "sujet" (une place intermédiaire dans la hiérarchie des danseurs de l'Opéra). C'est parfois émouvant et souvent drôle, notamment lorsque Véronique Doisneau (c'est son nom, c'est aussi le nom de la chorégraphie) évoque son rôle dans le Lac des cygnes de Tchaïkovsky ("ce que je déteste dans Le lac des cygnes, ce sont les poses"). Démonstration : la musique du Lac des cygnes part et Véronique danse, puis se fige pour que l'attention du spectateur puisse se focaliser sur la danseuse étoile. Sauf que là... point de danseuse étoile, mais seulement Véronique prenant la pose pendant plusieurs minutes :-) Le dernier ballet est celui qui nous a le plus enthousiasmés : il s'agit de Glass Pieces, une chorégraphie de Jerome Robbins (les chorégraphies de West Side Story c'était lui !) créée en 1983 sur plusieurs morceaux envoûtants de Philip Glass. Contemporain, coloré, enfiévré et tout simplement sublime (désolé de ne pas épiloguer...!). Seul regret, peut-être : cette dernière partie était bien trop courte !

The Raphael Affair

roman de Iain Pears ("L'affaire Raphaël", 1990)

Beaucoup moins prenant et sophistiqué que Le songe de Scipion du même auteur, cette "affaire Raphaël" est une enquête policière menée dans le milieu de l'art italien. Suite à la découverte d'un tableau inconnu de Raphaël caché sous une peinture médiocre, meurtres et autres manigances s'enchaînent entre Rome, Londres et la Toscane. J'avoue que j'ai un peu lâché le fil de l'intrigue et que je n'ai jamais été vraiment captivé. Bref, une bonne lecture de métro, pour passer le temps ;-)

01 octobre 2004

나윤선

concert de Youn Sun Nah au New Morning. Découverte complètement par hasard grâce à Stéphane et Sébastien ! En plus, cela faisait longtemps que j'avais envie d'aller faire un tour au New Morning :-) Cette talentueuse chanteuse de jazz a fait ses gammes en Corée, avant de venir chanter en France, accompagnée d'une solide formation (piano, contrebasse, batterie et... vibraphone). Mademoiselle Nah possède une superbe technique vocale qui lui permet de scatter et d'atteindre des notes aussi bien aiguës que gutturales (un peu comme Björk ;-) ). Avec ses musiciens elle est l'auteure de quelques très belles compositions en anglais, coréen ou hébreu, et je crois bien que je vais rapidement commander son dernier album ("So I am...") ;-)

29 septembre 2004

Sigur Rós — Odin's Raven Magic

spectacle de Sigur Rós.

Ça part toujours mal quand dans le titre traîne le mot "magique". Mais là... j'ai du mal à trouver un autre mot pour évoquer la poésie qui s'est échappée (envolée ?) ce soir-là de la Grande halle de la Villette. Imaginez : le groupe Sigur Rós et ses mélodies électro planantes, avec la voix suraiguë de son chanteur, auquel vous ajoutez un orchestre symphonique, deux rangées de choristes, un chanteur d'opera (voix de basse ?), et d'immenses marimbas de pierre. L'effet est saisissant ! Complémentarité des sons, complémentarité des voix, le côté enfantin des marimbas se mélangeant à la gravité des choeurs presque sacrés, pour évoquer un chant poétique nordique vieux de plusieurs siècles. Tout cela peut faire penser à Arvo Pärt, parfois (Tabula rasa), avec un zeste de Mahler (pour les grands espaces). Le concert est agrémenté de la projection de vidéos expérimentales évoquant le vol du fameux corbeau du titre. C'est une pure émotion qui nous a pris tout doucement et nous a transportés, dans un final assourdissant, là haut, tout là haut.

28 septembre 2004

Clean

film de Olivier Assayas (2004)

J'attendais certainement un autre film, d'où ma légère déception. Il faut dire qu'avec toute la bonne presse qu'a eue ce film à Cannes, j'avais peut-être placé la barre un peu haut :-) En tout cas je ne me lasse pas de Maggie Cheung, qui exploite toutes ses facettes de comédienne (multilingue qui plus est!) dans ce rôle de mère junkie déboussolée lorsque son mari, rocker et complètement camé comme elle, meurt d'une overdose. Suite à cet événement, Emily va perdre la garde de son fils et se forcera à abandonner la drogue pour le retrouver et obtenir le pardon de son beau père (Nick Nolte, dont les yeux suintent toujours autant l'alcool et la douleur, dans un rôle finalement étonnant et attachant). Le thème est poignant, mais la réalisation sobre et trop sage d'Olivier Assayas m'a un peu refroidi. Magnifique photo quand même, et excellent choix de musiques.

Le ventre des philosophes — critique de la raison diététique

essai de Michel Onfray (1989)

Je retrouve avec plaisir mon philosophe jouisseur préféré ! Onfray célèbre les vertus du bien-manger dans son introduction alléchante à cet amusant petit traité de philosophie gastronomique (!), puis convie à son banquet Diogène, Rousseau, Kant, et Sartre, entre autres. La pensée de chacun des invités est décortiquée à l'aune des habitudes alimentaires (toutes extrêmement bizarres !) de leur auteur, et en ressort sous un jour différent et amusant. À lire si on est curieux ;-)

27 septembre 2004

Le bec rouge

[restaurant ] Le bec rouge, alsacien, bd du Montparnasse (15e). L'occasion pour moi de goûter la gastronomie alsacienne que je connais très mal avec en plat principal un Baekenoff (trois viandes mijotées avec des pommes de terre et autres petits légumes pendant 4 à 6 heures), une des spécialités de la maison :-) L'occasion aussi de retrouver Christian, mon collègue de Sophia, pour une soirée chaleureuse.

23 septembre 2004

Mémoires d'Hadrien

roman de Marguerite Yourcenar (1958)

Dire que j'avais lu ce roman en classe de seconde (à quoi, même pas quinze ans ?) et que je n'en avais absolument aucun souvenir (sauf celui d'avoir été forcé à le lire par la prof de français...). Bon, probablement qu'à 15 ans je n'avais pas la sensibilité assez développée ni lu suffisamment pour apprécier ce "portrait d'une voix", comme le dit Yourcenar. Maintenant les choses sont manifestement différentes, car j'ai dégusté ces mémoires qui n'en sont pas, en me délectant de chaque passage. Intemporelles ou supercifielles, à la fois humaines et grandioses, ces pensées d'un Empereur de Rome amoureux de la beauté m'ont rappelé à la fois les mémoires de Françoise Giroud, et celles, inventées, de Manlius Hippomanes, un des protagonistes du Songe de Scipion. Je me réjouis à l'avance de savoir que je les relirai avec un regard forcément différent et avec plus de plaisir encore dans quinze ans.

19 septembre 2004

The Terminal

film de Steven Spielberg (2004)

La dernière production de Spielberg est plutôt décevante, avec ses personnages stéréotypés à l'extrême et son histoire improbable. Reste une ou deux belles images, comme cet Indien arrêtant un avion en partance pour la Krakozie à l'aide de son seul balai, et qui rappelle Tian An Men. L'idée de la déshumanisation croissante des aéroports, qui fait écho à la déshumanisation croissante des États-Unis, aurait pu être beaucoup mieux exploitée, si Spielberg avait choisi un autre registre...

15 septembre 2004

On ne peut pas être heureux tout le temps

récit de Françoise Giroud (2001)

FG livre ses souvenirs liés à une collection de photos retrouvées par hasard dans un tiroir au gré d'un déménagement. Même si je ne partage pas toujours ses idées politiques plutôt centristes (FG fut ministre de la condition des femmes sous Giscard), je m'incline devant l'appétit de vie (et les rares pulsions de mort) de cette dame, les combats qu'elle a menés, et j'apprécie le détachement qui se dégage de sa belle écriture, simple et enlevée. Respect.

13 septembre 2004

A Year in the Merde

roman de Paul West (2004)

Une caricature des Français vus à travers les yeux d'un Anglais, tout au long de son année de "travail" pour monter une chaîne de salons de thé à Paris. Paul West nous fait part de ses désillusions et de ses enchantements, mais surtout de ses exploits pour éviter les nombreuses grèves et autres crottes de chiens qui parsèment son parcours, avec une plume acérée et presque toujours hilarante :-)

11 septembre 2004

Et si c'était vrai...

roman de Marc Lévy (2000)

Gentillet. Un roman écrit sur le mode "profitez de chaque seconde de votre vie" ou "la vie est belle si on la partage avec ceux que l'on aime", dans un style pas vraiment plus recherché. Je comprends que Marc Lévy rencontre un tel succès ;-)

09 septembre 2004

The Bourne Supremacy

film de Paul Greengrass (2004)

Où l'on retrouve Jason Bourne (Matt Damon) dans une suite à l'excellent "La mémoire dans la peau", l'effet de surprise en moins. Quand même vachement bien, avec un très haut degré d'adrénaline et quelques scènes haletantes (la poursuite en bagnole dans Moscou !). Et puis ce film donne furieusement envie de voyager : Goa, Naples, Berlin, Moscou... Bien mieux que n'importe quel James Bond ;-)

La faim du tigre

essai de René Barjavel (1966)

Dans cet essai, sûrement un des textes les plus fameux de Barjavel (enfin c'est ce qu'on dit sur le net ;-) ), beaucoup de questions sur la Vie, la Mort, et Dieu dans tout ça. Autant je peux partager l'émerveillement de Barjavel face à la stupéfiante complexité d'une oreille humaine, autant la réponse à la question "Pourquoi tout cela existe-t-il ?" ne me convient pas. Reste la beauté du style et quelques coups de griffe (salutaires!) aux Églises, qui selon Barjavel ont toutes failli à leur mission : nous faire connaître Dieu. Tant pis pour Barjavel, c'est décidé, je reste athée :-)

06 septembre 2004

The Dream of Scipio

roman de Iain Pears ("Le songe de Scipion", 2002)

J'ai hésité à revoir mon système de notation pour pouvoir mettre 5 étoiles à cet épais roman mélangeant Histoire et Philosophie à trois époques différentes : l'effondrement de l'Empire romain au Ve siècle, les années de la Grande Peste au XIVe siècle, et l'apogée du nazisme au XXe siècle. À la fois érudit et bouleversant, ce roman repose sur une construction aussi complexe que fascinante : pour le moment c'est ma meilleure lecture de 2004 !

02 septembre 2004

Madonna — Re-invention Tour

Show parfait, ambiance de fou, chorégraphies sublimes, scénographie fascinante avec mention spéciale pour l'introduction (extrêmement déstabilisante) et les montages vidéos de Steven Klein. Une énergie incroyable !