50% Braveheart, 50% Gladiator, un peu de Lord of the Rings. Un peu déçu.
50% Braveheart, 50% Gladiator, un peu de Lord of the Rings. Un peu déçu.
film de Alejandro González Iñárritu (2006)
Le synopsis sur allociné décrit assez bien la situation de départ :
En plein désert marocain, un coup de feu retentit. Il va déclencher toute une série d'événements qui impliqueront un couple de touristes américains au bord du naufrage, deux jeunes marocains auteurs d'un crime accidentel, une nourrice qui voyage illégalement avec deux enfants américains, et une adolescente japonaise rebelle dont le père est recherché par la police à Tokyo. Séparés par leurs cultures et leurs modes de vie, chacun de ces quatre groupes de personnes va cependant connaître une même destinée d'isolement et de douleur...
Ce qu'il ne dit pas, c'est le talent de Iñárritu pour la mise en scène (récompensé cette année à Cannes). Plutôt grave et pessimiste, Babel aurait pu sombrer dans l'excès, mais grâce à la sobriété de la direction d'acteurs (Brad Pitt a rarement été aussi bon !), et surtout à un sens du montage vraiment aigü, ce film dense et bien mené est une réussite. Mention spéciale à Rinko Kikuchi (une découverte) qui joue le rôle la jeune japonaise sourde et muette et qui transcende toutes les scènes où elle apparaît.
film de Wes Anderson (2004)
En un mot : décalé. À la fois drôle et cruel, ce film inspiré par les pérégrinations de Cousteau est encore une fois un véhicule parfait pour Bill Murray (décidemment très à l'aise dans les rôles de pince-sans-rire depuis Lost in Translation). Une pléïade de seconds rôles (Angelica Huston, Jeff Goldblum, Willem Dafoe, Cate Blanchet, Owen Wilson) vient ajouter un peu de fantaisie dans cette entreprise. Plein de petits détails humoristiques : le membre d'équipage (Seu Jorge ! J'adore !) qui chante du Bowie en portugais en s'accompagnant de sa guitare sèche, les stagiaires bons à tout faire, la faune aquatique bigarrée, la façon de filmer le Belafonte comme une maison de poupée (on se croirait dans un clip de Spike Jonze ou Michel Gondry), les répliques incongrues, la musique électro à deux balles. À la fin du film une belle touche d'émotion surgit des profondeurs, dans la seule séquence où l'on aperçoit finalement le requin-jaguar, nimbé du superbe Starálfur de Sigur Rós. C'est à ce moment-là, les yeux embués, que j'ai attribué à ce drôle de petit film une étoile supplémentaire :-)
film de Martin Scorsese (2004)
Très intéressante reconstitution de la vie de Howard Hughes, milliardaire texan passionné d'aéronautique, de femmes et de cinéma. Mais il y a pas mal de problèmes qui m'ont empêché de vraiment rentrer dans le film, à commencer par le fait que pour moi pratiquement tous les personnages de cette époque sont des inconnus (ceci dit j'ai adoré voir Cate Blanchett jouer Katherine Hepburn :-)) L'histoire, racontée sur le mode chronologique, insiste un peu trop lourdement sur le principal handicap de Howard Hughes : sa phobie de la poussière et des microbes (à en croire Scorsese, tout part de là et tout finit là). La partie consacrée à la passion de Hughes pour les avions est tellement bien rendue que le crash du XF-11 m'a physiquement éprouvé pendant plusieurs minutes. Après cet événement, étant moi-même empêtré dans un certain malaise, j'ai eu le sentiment que le film déclinait tout doucement vers son final, un peu raté.