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1. Scarlet Sunset, de Joseph Turner (1830-1840)
2. Nocturne en bleu et argent : la lagune, Venise, de James Whistler (1879-1880)
3. Le Parlement, coucher de soleil, de Claude Monet (1904)
1. Scarlet Sunset, de Joseph Turner (1830-1840)
2. Nocturne en bleu et argent : la lagune, Venise, de James Whistler (1879-1880)
3. Le Parlement, coucher de soleil, de Claude Monet (1904)
L'univers des conférences académiques internationales passé à la loupe, et mis à la sauce humour (anglais) par David Lodge. Finalement pas si entraînant que ça (problème de rythme, ou tout simplement la tête ailleurs ?), mais plutôt drôle.
film de Steven Soderbergh (2004)
Tous les ingrédients d'un bon Soderbergh sont là : script top classe, casting top classe, BO top classe, dialogues top classe — on s'habituerait presque :-) Il manque juste une toute petite touche d'émotion qui rendrait le tout vraiment excellent.
Plusieurs essais à mi-chemin entre philosophie (kantienne ou kierkegaardienne, hmm hmm...) et psychanalyse (lacanienne), avec des concepts aussi "fumeux" que l'interpassivité (en réaction à l'interactivité) ou la subjectivité objective, et une analyse en passant de Matrix et de quelques œuvres de Leni Riefenstahl et Richard Wagner... Bref cela ne m'a pas vraiment passionné ;-) À noter quand-même quelques passages savoureux, comme celui-ci :
“ Dans la bonne vieille RDA, il était impossible pour une personne de combiner ces trois caractéristiques : la conviction (croire en l'idéologie officielle), l'intelligence et l'honnêteté. Convaincu et intelligent, vous n'êtiez pas honnête ; intelligent et honnête, vous ne pouviez pas être convaincu ; convaincu et honnête, vous n'êtiez pas intelligent. Cela ne convient-il pas aussi bien à l'idéologie de la démocratie libérale ? Si vous prétendez prendre au sérieux l'idéologie libérale hégémonique, vous ne pouvez pas être à la fois intelligent et honnête : vous êtes soit complètement idiot, soit cyniquement corrompu. ”
film de Brad Bird (2004)
Drôle, entraînant, et visuellement parfait !
Le récit d'une fuite ou de la séparation inéluctable d'un couple (la quarantaine, plutôt friqués et érudits). Le problème majeur que j'ai avec ce roman c'est que les personnages ne sont pas forcément très attachants. Par contre j'ai bien aimé l'écriture qui colle aux schémas mentaux des différents protagonistes (assez ordurière pour les passages consacrés à Willis, pleine de doutes et d'incertitudes pour les passages consacrés à sa femme Jean). Sinon à part ça, ce roman est loin d'être vraiment passionnant.
film de Jonathan Caouette (2004)
Coup de force documentaire, ce film m'a fait immanquablement penser au Journal de Fabrice Neaud. Très chargé émotionnellement, visuellement impressionnant, on sent la patte de Gus van Sant derrière la voix de Jonathan. À rapprocher de Elephant pour les moments de flottement oniriques, et aussi par quelques aspects des films les plus sordides de David Lynch (Blue Velvet est cité explicitement, mais j'ai aussi pensé aux scènes finales de Lost Highway). Le film se termine heureusement sur une note d'espoir, aussi dérisoire fût-il.
L'angleterre de la deuxième moitié des années 1970 vécue par un petit groupe d'ados de Birmingham : la montée du syndicalisme, la guerre larvée contre l'IRA, la découverte de soi, Margaret Thatcher et la fin du rock progressif... Ce roman m'a rappelé par moments Eureka Street de Robert McLiam Wilson, par son côté drôle et féroce, mais aussi soudainement tragique et poignant. Vivement la suite !
Premier volume de la trilogie du Clan des Otori, on fait ici la connaissance de Takeo Otori et de Kaede Shirakawa. Il s'agit d'une fresque médiévale située dans un Japon de légendes. Sympathique histoire d'initiation et de vengeance, dans la grande tradition des Musashi et autres guerres de clans, mais pas tellement innovant :-)
J'ai bien aimé l'écriture féroce et le personnage de George, vieux prof d'anglais aigri et queer. Ce roman a été écrit en 1964, et on mesure le chemin parcouru depuis que les gays essayent de faire valoir leurs droits. On mesure aussi le chemin qui reste à faire encore aujourd'hui...!
1. Portrait de courtisane debout, de Kaigetsudô Anchi (1711-1716)
2. La bourrasque d'automne, de Torii Kiyonaga (1782-1783)
3. Femme se poudrant le cou, de Kitagawa Utamaro (1795-1796)
film de Wong Kar-Wai (2004)
Bon, j'avoue avoir été très déçu après avoir vu ce remix de In the Mood for Love, mais avec le recul je lui rajoute une étoile car ce film est loin d'être mauvais. Je continue cependant à penser qu'il n'apporte pas grand'chose par rapport au chef d'œuvre de Wong Kar-Wai... ;-)
Dernier tome de la première moitié de la saga d'Ambre. Zelazny conclut en beauté le cycle de Corwin, manifestement sous l'emprise de pas mal de LSD ;-) Ses descriptions des Cours du Chaos sont proprement hallucinantes.
“ Le roi Obéron s'est éclipsé pour la seconde fois, laissant sa succession ouverte. Mais le trône n'est plus désormais l'enjeu premier des luttes qui opposent Corwin et ses frères : car Ambre la magique, Ambre et sa Marelle prodigieuse, Ambre, dont notre Terre n'est qu'un reflet, risque de disparaître sous les terribles assauts des forces du Chaos. Pour sauver le royaume, il faudra en dévoiler les ultimes mystères, et comprendre les liens qui l'unissent au Chaos. Une mission que Corwin pourrait payer de sa vie... ”
Aussi excellent que le précédent tome, cette fois nous sommes au cœur de l'intrigue et les traîtres apparaissent enfin au grand jour !
“ Un péril mortel menace le royaume d'Ambre. Une lèpre noire envahit inexorablement la Marelle, ce labyrinthe magique qui permet aux membres de la famille royale de voyager d'ombre en ombre et de manipuler le temps. Est-ce le fait d'un des princes qui, avide de pouvoir, n'hésiterait pas à mettre en jeu l'existence même du royaume ? Faut-il y voir l'intervention des puissances maléfiques qui hantent les Cours du Chaos ? Ou bien la main d'Obéron, le roi disparu dont les princes d'Ambre redoutent jusqu'au souvenir ? ”
Cette fois Zelazny maîtrise parfaitement son monde, et son écriture. Résultat : un des meilleurs tomes de la saga d'Ambre, où les choses sont beaucoup plus complexes que ce que l'on croit... :-)
“ De retour au royaume d'Ambre après avoir vaincu le prince Eric, Corwin découvre son frère Caine assassiné par de mystérieuses créatures d'Ombre, manifestement aux ordres d'un commanditaire occulte et vindicatif. La recherche du véritable meurtrier parmi les innombrables reflets d'Ambre va conduire Corwin, confronté à maints périls et intrigues, au seuil d'une révélation infiniment plus importante : la véritable nature de l'étrange royaume d'Ambre, de ses mystères et de ses contradictions. Ce troisième volume de la série des Princes d'Ambre repousse une fois encore les frontières du monumental et prodigieux univers imaginé par Roger Zelazny. ”
Poursuite de la saga d'Ambre. Le résumé :
“ Dépossédé de son trône par Eric, son frère ennemi, le prince Corwin entend reconquérir le royaume d'Ambre, le seul monde réel à partir duquel s'engendrent tous les autres. Détenteur du fabuleux pouvoir de se déplacer à volonté d'ombre en ombre, il parcourt chaque reflet d'Ambre pour trouver le moyen de mettre fin au règne illégitime d'Eric. Mais il va se heurter à un ennemi imprévu d'une puissance inconcevable, un être capable de se déplacer dans toutes les dimensions. Enrichissant l'univers d'Ambre de nouveaux personnages, de nouveaux concepts, Roger Zelazny déploie, dans ce second tome des aventures de Corwin, tout l'éventail somptueux d'un monde imaginaire aux innombrables facettes. ”
film de Michel Gondry (2004)
On retrouve Charlie Kaufman, le scénariste le plus déjanté d'Hollywood, et Michel Gondry, clippeur de Björk, Daft Punk et autres, aux manettes. Du coup on pouvait craindre un petit film branchouille de plus (un peu trop show-off à la Adaptation., ou alors carrément génial comme Dans la peau de John Malkovich), et le résultat est entre les deux : un super concept, quelques bonnes trouvailles de cinéma (le jeu sur les tailles, la visualisation des souvenirs et des espaces mentaux du héros), des acteurs convaincants (Kate Winslet assez drôle, et Jim Carey qui m'a fait penser au Nate de Six Feet Under), et une mention spéciale pour Elijah Wood qui réussit à faire oublier son personnage de Frodo-le-gentil-Hobbit ;-) Bon film !
Toujours dans ma vague nostalgique (je relis les romans qui m'ont marqué ces quinze dernières années ;-) ), cette fois c'est du côté de la SF et de la Fantasy que mon cœur penche. La saga des Princes d'Ambre est sûrement un des ouvrages de Fantasy que je préfère. Bon ce n'est pas que de la Fantasy, c'est aussi un roman d'intrigues familiales, un thriller contemporain, une source inépuisable de mondes, et surtout un écrivain au sommet de son talent qui réussit à me captiver depuis la première ligne jusqu'à la fin de l'histoire. De Roger Zelazny j'avais à peu près tout lu à l'époque, et j'avais aussi adoré Eye of Cat, inspiré de la mythologie indienne. Cette fois ce sont quelques mythes celtiques qui sont vaguement à l'origine de la saga d'Ambre. Voici la quatrième de couverture du premier volume, histoire d'éviter un maximum de spoilers :-)
“ Un amnésique s'échappe d'un hôpital psychiatrique après avoir découvert le nom de la personne qui l'a fait interner : Flora, sa propre sœur. Celle-ci lui révèle qu'il se nomme Corwin, et qu'il est l'un des neuf frères qui se disputent le pouvoir au royaume d'Ambre, le seul monde réel dont tous les autres sont des reflets, des ombres. Elle lui révèle également que les princes d'Ambre ont la faculté de parcourir ces univers parallèles par la puissance de leur seule volonté. Recouvrant peu à peu la mémoire, Corwin entame un périlleux voyage en direction d'Ambre, glissant d'ombre en ombre dans le but de disputer au prestigieux Eric, le plus brillant des princes, le trône du royaume. ”
film de Agnès Jaoui (2004)
Comédie de mœurs pas-très-drôle, voire même carrément triste. Comme d'hab avec les Bacri-Jaoui, les portraits sont impeccables et les travers de notre société sont bien mis en lumière. Le hic c'est que contrairement au Goût des autres, ici personne ou presque ne trouve de salut, et le tableau vire au sombre. Je regrette aussi que le film tente d'aborder trop de problèmes à la fois. Je me serais bien contenté "simplement" du conflit interne provoqué par l'inévitable changement d'attitude qui s'opère en nous face à des personnes de pouvoir et à leur entourage...! Mais bon, c'est super bien vu et super bien joué, alors bravo encore une fois.
Beaucoup moins prenant et sophistiqué que Le songe de Scipion du même auteur, cette "affaire Raphaël" est une enquête policière menée dans le milieu de l'art italien. Suite à la découverte d'un tableau inconnu de Raphaël caché sous une peinture médiocre, meurtres et autres manigances s'enchaînent entre Rome, Londres et la Toscane. J'avoue que j'ai un peu lâché le fil de l'intrigue et que je n'ai jamais été vraiment captivé. Bref, une bonne lecture de métro, pour passer le temps ;-)
Ça part toujours mal quand dans le titre traîne le mot "magique". Mais là... j'ai du mal à trouver un autre mot pour évoquer la poésie qui s'est échappée (envolée ?) ce soir-là de la Grande halle de la Villette. Imaginez : le groupe Sigur Rós et ses mélodies électro planantes, avec la voix suraiguë de son chanteur, auquel vous ajoutez un orchestre symphonique, deux rangées de choristes, un chanteur d'opera (voix de basse ?), et d'immenses marimbas de pierre. L'effet est saisissant ! Complémentarité des sons, complémentarité des voix, le côté enfantin des marimbas se mélangeant à la gravité des choeurs presque sacrés, pour évoquer un chant poétique nordique vieux de plusieurs siècles. Tout cela peut faire penser à Arvo Pärt, parfois (Tabula rasa), avec un zeste de Mahler (pour les grands espaces). Le concert est agrémenté de la projection de vidéos expérimentales évoquant le vol du fameux corbeau du titre. C'est une pure émotion qui nous a pris tout doucement et nous a transportés, dans un final assourdissant, là haut, tout là haut.
film de Olivier Assayas (2004)
J'attendais certainement un autre film, d'où ma légère déception. Il faut dire qu'avec toute la bonne presse qu'a eue ce film à Cannes, j'avais peut-être placé la barre un peu haut :-) En tout cas je ne me lasse pas de Maggie Cheung, qui exploite toutes ses facettes de comédienne (multilingue qui plus est!) dans ce rôle de mère junkie déboussolée lorsque son mari, rocker et complètement camé comme elle, meurt d'une overdose. Suite à cet événement, Emily va perdre la garde de son fils et se forcera à abandonner la drogue pour le retrouver et obtenir le pardon de son beau père (Nick Nolte, dont les yeux suintent toujours autant l'alcool et la douleur, dans un rôle finalement étonnant et attachant). Le thème est poignant, mais la réalisation sobre et trop sage d'Olivier Assayas m'a un peu refroidi. Magnifique photo quand même, et excellent choix de musiques.